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Abi, une ancienne victime, est entendue

Abi Sanon est une des pionnières Raeliennes à avoir opté pour l’opération qui permet de réparer le clitoris excisé. Après avoir retrouvé ces sensations, elle a décidé de partager son expérience pour être sûre que toutes celles qui rêvent d’être entières puissent le redevenir.

Avec les raeliens de son pays, elle a contribué à de nombreuses actions d’information. Mais elle a décidé d’aller plus loin… Abi est une femme extremement humble et timide. Nous avons envie de partager son récit et son bonheur de dépasser ses limites pour que d’autres comme elle puissent jouir... N’hésitez pas à faire de même autour de vous.

«Tout a commencé après une large diffusion des communiqués de presse de mon leader spirituel Rael, sur les thèmes suivants : « Adopter un clitoris » et « l’hôpital du plaisir » auprès des journaux du Burkina, ainsi que des milliers de prospectus qui reprenaient les textes des communiqués distribués dans le pays. Le 29 mai, une conférence de presse a eu lieu avec la participation de 2 télévisions dont la Radio Télévision du Burkina, les radio publiques et privées et les presses écrites de la place qui ont repris en intégralité les mots de la merveilleuse conférencière Banemanie. Elle a enlevé le tabou sur le mot clitoris en expliquant l’importance de cet organe pour la femme et donc la nécessité de sa reconstitution. Elle a parlé de CLITORAID et de ses actions à travers le monde entier pour récolter les fonds destinés à venir en aide aux femmes qui voudraient retrouver le plaisir.

A l’issue de ces publicités sur nos actions, le sujet est devenu très public.

Nous sommes depuis lors, contactées chaque jour par nos sœurs qui voudraient qu’on les inscrive sur notre liste. A l’heure actuelle, une centaine attendent d’être opérées.

L’un de nos objectifs était de témoigner à visage découvert et aider nos sœurs excisées à faire reconstruire leur clitoris. Cela a été très suivi car le 20 juillet, un dossier complet sur la reconstitution du clitoris est paru dans le grand quotidien « le Pays » avec plusieurs intervenants, un gynécologue, la présidente du comité national de lutte contre la pratique de l’excision, un chef coutumier, des points de vue de certains citoyens et moi-même qui ai témoigné de mon expérience après l’opération. Il faut signaler que parmi la cinquantaine de femmes qui ont bénéficié de cette chirurgie, aucune d’elles n’a accepté témoigner de son expérience, car elles ne veulent pas parler de leur vie sexuelle. Une mention spéciale a été faite aux femmes raëliennes qui ont accepté de témoigner.

Après mon témoignage dans ce journal, j’ai reçu des encouragements et des félicitations de nombreuses personnes dont l’une de mes responsables à mon travail. Je travaille dans un projet de développement local qui est exécuté par le Programme des Volontaires des Nations Unies. C’est la Chargée de ce programme au Burkina, qui m’a beaucoup félicité et m’a demandé de partager mon expérience avec mes collègues volontaires des Nations Unies qui travaillent au Burkina. J’ai donc accepté avec plaisir et le 28 juillet nous étions une trentaine de personnes à la rencontre périodique des volontaires des Nations Unies. J’ai fait venir une responsable des services sociaux qui a fait un exposé avec brillance sur les inconvénients de l’excision avec en appui une séquence d’une cassette vidéo montrant l’excision d‘une petite fille qui se pratiquait au bord du marché sous le regard du public au Nigeria. Le décor était planté pour une prise de conscience totale de tout le monde dans la salle. Ensuite, j’ai pris la parole et j’ai mis l’accent sur le droit de la femme d’avoir aussi du plaisir car le mari peut se permettre d’épouser jusqu’à 4 femmes s’il n’est pas satisfait, alors que cela n’est pas permis à la femme. A la fin de mon intervention, des applaudissements, des félicitations et des encouragements de tout le monde mais surtout de mon responsable qui avait tellement pleuré en voyant ces images insoutenables. Beaucoup dans la salle ont dit qu’avant ce jour, ils ne voyaient pas l’ampleur du problème mais maintenant ils sont conscients et ont pris la résolution de ne plus rester passifs mais d'être actifs dans cette lutte. Un participant a reconnu qu’avant il était pour l’excision mais après cet exposé, il est contre. Prévu pour durer 45 mn, nous avons fait 2 heures vu l’importance du sujet.

Après ces actions menées au Burkina, j’ai eu le privilège de participer à la belle aventure de CLITORAID hors du pays avec mon guide Banemanie. Du 4 au 6 août dernier nous sommes allees au Bénin, à Cotonou, ou nous avons été interviewées par un journaliste de Radio Télévision et presses écrites du Bénin pendant plus d’une heure et demie.

Le lundi 07 août 61 ah, nous sommes parties à Lomé au Togo avec le dynamisme de l’équipe Raelienne Togolaise nous avons pu avoir une interview instantanément par le plus Grand Quotidien National d’Information nommé « TOGO- PRESSE ». C'est le journal le plus lu au Togo et l’article est paru le 10 août 61 Ah avec pour titre : «Réhabilitation de femmes excisées, Deux anciennes victimes témoignent».

Après quelques jours de repos, enthousiasmée par les résultats, j’ai décidé de me rendre aussi au Mali, qui est un pays très islamisé où l’excision est toujours très développée et encore tabou, accompagnée de X-Ciel le responsable local. Heureux d’apporter la bonne nouvelle de la reconstitution du clitoris, nous nous sommes rendus le lendemain à l’Office de la Radio et Télévision du Mali (ORTM) où nous avons été bloqués par la procédure administrative qui nous ont référé au Programme National de Lutte contre la Pratique de l’Excision. Le vendredi matin nous avons pu rentrer en contact avec la Présidente d’une association de médecins qui lutte contre l’excision au Mali. Elle m’avait été référée par mon Chargé de Programme des Volontaires des Nations Unies à qui j’avais fait part de mon souhait de me rendre au Mali. Cette brave femme nommée Dr Aïchata Diarra Sacko est très engagée dans la lutte pour l’épanouissement de la femme et de la petite fille. Après un accueil chaleureux de sa part, j’ai introduit l’objet de ma visite avec mon témoignage sur la reconstitution du clitoris, la création de CLITORAID et de l’Hôpital du Plaisir par Rael pour sauver les femmes dans le monde victimes de cette barbarie qu’est l’excision. Alors là j’ai été surprise de l’émotion de cette femme intelligente et engagée qui a eu du mal a contenir ses larmes. Voici sa réaction « je savais à travers Nelly qu’une dame venait me voir certes, mais je ne savais pas qu’il y avait tout cela derrière votre venue ici… je pensais que c’était juste pour solliciter une subvention ou quelque chose de ce genre… Excusez-moi je suis très émue après ce témoignage, et je suis fière de vous Abi, vous êtes une brave dame… Je peux déjà vous assurer sans démagogie que je suis désormais votre porte d’entrée ici au Mali, pour quoi que ce soit…». Elle regrettait cela car elle m’a dit qu’elle allait m’emmener directement faire mon témoignage à leur séminaire, où il y avait tous les leaders qui luttent pour la promotion de la femme et de la petite fille, qui regroupe plusieurs organisations nationales et internationales. Elle a été très touchée par le fait que j’ai pu quitter mon pays à mes frais personnels, uniquement pour venir donner cette information très importante à mes sœurs du Mali. Elle m’a dit que beaucoup de femmes étaient venues la voir pour pouvoir faire cette opération et elle ne savait quoi faire que simplement leur dire d’aller en France alors qu’à côté au Burkina, ça se passait et elle trouvait cela très injuste. Immédiatement elle a contacté les personnes engagées à la lutte contre la pratique de l’excision dont la Présidente du Programme National de Lutte contre la Pratique de l’Excision au Mali qui malheureusement était en réunion mais 3 autres ont pu faire le déplacement dans son bureau où j’ai pu encore témoigner devant elles et elles aussi ont été très marquées par cela. Elle tenait à ce qu’elle ne soit pas seule à m’écouter pour voir les actions à prendre après. Tout cet entretien, de 2 heures de temps, a été filmé avec l’accord de la dame qui souhaitait avoir une copie de la vidéo comme argument pour obtenir gain de cause auprès de l’Etat Malien. Il est important de noter que ces dames ont, séance tenante, créé l’Association Femmes de Cœur du Mali à l’image de celle du Burkina Faso dirigée par le guide Banémanie et j’ai été heureuse de lui donner notre accord lorsqu’elle m’a demandé si elle pouvait commencer dès maintenant à inscrire les femmes qui voudraient se faire restaurer leur clitoris par CLITORAID.

Le Dr Aïchata Diarra Sacko tout en me réitérant ses encouragements m’a dit qu’elle m’invitera à venir participer à une grande rencontre nationale qui aura lieu du 20 novembre au 10 décembre au Mali sur la condition de la femme et surtout sur le thème des mutilations génitales féminines pour témoigner publiquement de mon expérience.


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