novembre 29 2012, Categorie: Actualités internationales
Source: www.20min.ch

Les mutilations génitales touchent plus de dix mille femmes sur le territoire suisse.

En Suisse, quelque 10'700 filles et femmes sont concernées par les mutilations génitales, selon une évaluation du Fonds des Nations Unies pour l'enfance (Unicef). Lors d'une première étude réalisée en 2001, ce chiffre était estimé à 6700.

Les femmes et les filles excisées ou menacées d'excision proviennent en majorité de Somalie, d'Erythrée et d'Ethiopie, a indiqué mercredi l'Unicef Suisse à l'occasion de sa conférence annuelle. En comparaison avec 2004, le groupe issu de l'Erythrée semble avoir pris de l'importance, tandis que celui d'origine somalienne et éthiopienne paraît en léger recul.

Le Soudan et l'Egypte sont les nouveaux pays qui apparaissent dans l'enquête 2012. Le Soudan concerne 14% des réponses. Un tiers de toutes les personnes qui participent à l'enquête avaient déjà été en contact avec des femmes ou des filles excisées. Comme en 2004, l'excision et l'infibulation sont les deux types de mutilations génitales féminines (MGF) le plus souvent mentionnés.

L'enquête se fonde d'une part sur des données de l'Office fédéral de la statistique (OFS), et d'autre part sur un sondage en ligne réalisé parmi les spécialistes de différentes professions. Elle a été conduite en collaboration avec la Société suisse de gynécologie et obstétrique, la Fondation suisse pour la santé sexuelle et reproductive et Terre des femmes Suisse.

Renforcer l'information

Sur la base des résultats, l'Unicef Suisse demande l'introduction de la thématique des MGF dans la formation initiale et continue, le renforcement du travail d'information et l'harmonisation, dans les cantons, des droits et des obligations d'aviser.

Selon l'organisation, les professionnels appelés à être confrontés à des femmes excisées doivent être informés de manière étendue. Ils doivent aussi bénéficier d'un appui concernant la conduite d'entretiens sur des sujets sensibles ainsi que sur des questions d'ordre psychologique et social.

L'Unicef rappelle que les MGF constituent une violation des droits humains fondamentaux. Cette pratique atrocement douloureuse entraîne à vie des séquelles physiques et psychiques, notamment des hémorragies ainsi que des douleurs au moment d'uriner et lors des rapports sexuels. L'Unicef soutient depuis des années des programmes d'information dans différents pays.

La Suisse a serré la vis

Quelque 130 millions de femmes sont excisées dans le monde, et toutes les 15 secondes, une petite fille subit le même sort. La mutilation génitale féminine est également pratiquée dans les pays d'origine de certaines communautés immigrées qui vivent en Suisse.

La Suisse a d'ailleurs durci le ton cette année: la révision du Code pénal, entrée en vigueur le 1er juillet, fait des MGF un délit à part entière. Ces actes peuvent désormais être poursuivis quelle que soit la nationalité de l'auteur comme de la victime et même si les mutilations ont été commises dans un pays qui ne les punit pas.

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